La vie dominicaine est marquée par l'attachement solide à certaines valeurs : la miséricorde, la recherche de la vérité, la liberté et la joie. Toutes sont héritées de Saint Dominique et nous en avons le témoignage. Elles se reflètent dans la spiritualité de l'Ordre et donc des fraternités qui sont appelées à en vivre.

La recherche de la Vérité pour Saint Dominique passe
par l'étude, connaître, apprendre, écouter
prêcher, transmettre
qui correspond à un va-et-vient incessant et permanent.
La vérité est toujours la devise de l'Ordre : Veritas, il s'agit de la plénitude divine où nous introduit l'Esprit de Vérité  selon Saint Jean  (Jn 14, 17 et 20)

La vérité et la miséricorde se sont rencontrées en Saint Dominique. Chez lui, la compassion  n'est ni doucereuse ni sentimentale. Il s'émeut devant l'égarement des esprits, devant la débâcle, les déviations et les altérations de la foi, ce qui le conduit à une forme concrète de l'exercice de la miséricorde. Il va vers les pauvres pour éclairer leur foi, pour les aider à vivre dans la vérité.

Mais Dominique n'a pas voulu vivre cette tâche immense, seulement comme une vocation personnelle : sur la demande du pape Innocent III il a fondé une famille de Frères Prêcheurs. Pour lui la prédication contribue à une meilleure intelligence de la foi et des réalités du monde, elle rend possible une parole vraie dans un monde sans cesse à construire, sans cesse à évangéliser…

Chez Dominique, la liberté est une constante. L'introduction de la lettre de 1997 du Frère Timothy Radcliffe intitulée : « Liberté dominicaine et responsabilité - Vers une spiritualité du gouvernement » fait  référence à Dominique, homme de liberté.
« Dominique nous fascine par sa liberté. C'était la liberté d'un prêcheur pauvre et itinérant, liberté de fonder un Ordre qui ne ressemblât à aucun de ceux qui avait existé auparavant… C'est la liberté d'un homme de compassion qui osait voir et répondre »…

La liberté dominicaine s'exprime particulièrement dans notre mode de gouvernement.

Toute notre organisation basée sur les principes de démocratie et de responsabilité, est tournée vers la recherche des conditions pour assumer cette mission.

Les membres des Fraternités Laïques Dominicaines (FLD) apprécient la liberté que l'Ordre leur offre. Saint Dominique, dès l'origine, a voulu que « la Règle n'oblige pas sous peine de péché ».  Le mode de fonctionnement institutionnel des fraternités permet d'harmoniser les traditions avec les besoins apostoliques de l'époque dans le respect de la liberté d'expression de chacun au sein de l'Ordre.

… Est miséricordieux celui qui a le cœur sensible au malheur… « Les entrailles de Dominique ont toujours vibré pour les pécheurs, les pauvres, les affligés et il en portait les malheurs dans le sanctuaire intime de sa compassion ». Ainsi le bienheureux Jourdain de Saxe nous le décrit-il.
A la suite de Dominique, de nombreux frères, sœurs et laïcs  se sont tournés vers les « petits », les démunis, les sans voix, les incroyants …. Le père Lataste en allant à la rencontre des détenues et en offrant à d'anciennes prisonnières l'accès à la vie contemplative, en est un remarquable exemple.

Le souci constant de l'Ordre d'aller aux « frontières », c'est-à-dire là où l'Eglise est absente, est sous-tendu par ce désir ardent de Dominique de porter secours aux plus faibles comme d'oser aller vers ceux qui sont la proie de la solitude ou qui connaissent la détresse matérielle, morale ou spirituelle.

«...Mais si le fruit de l'Esprit est charité, joie, paix, longanimité, serviabilité, bonté, confiance dans les autres, douceur, maîtrise de soi : contre de telles choses il n'y a pas de loi.»  (Ga 5,22).
Saint Paul nous rappelle que l'Esprit-Saint nous fait vivre de l'Esprit de Dieu et nous insuffle sa joie.

Cette joie illuminait la vie de Dominique, reflet de sa confiance dans le Seigneur. Il la répandait autour de lui. Jourdain de Saxe nous parle ainsi de la joie de Saint Dominique :
« Puisque le témoignage de sa bonne conscience, comme on l'a rappelé, éclairait toujours d'une grande joie son visage, la lumière de sa face ne se perdait pas sur la terre…
Par cette joie, il acquérait facilement l'amour de tout le monde, il s'infiltrait sans peine, dès le premier regard, dans l'affection de tous...
Durant le jour, nul ne se mêlait plus que lui à la société de ses frères ou de ses compagnons de route, nul n'était plus gai.
Il s'était fait une loi personnelle de se réjouir avec les gens joyeux et de pleurer avec ceux qui pleurent »…